Assurance Vie

Fonds euros, Livret A et unités de compte : pourquoi juillet 2026 rebat toutes les cartes de l'assurance-vie

« Mon Livret A remonte à 1,7 % — dois-je quand même rester sur mon assurance-vie ? »

C’est la question que posent en ce moment beaucoup de clients. Elle est légitime : le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé le 15 juillet 2026 le relèvement du taux du Livret A à 1,7 % à compter du 1er août, après six mois à 1,5 %. Une bonne nouvelle pour l’épargne de précaution, certes. Mais une mauvaise raison de délaisser votre contrat d’assurance-vie.

Voici pourquoi, chiffres à l’appui.


Ce que les publications de juillet 2026 confirment

L’ACPR valide 2,63 % pour les fonds euros en 2025

Fin juin 2026, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié son rapport annuel Analyses et Synthèses n° 180 (30 juin 2026) : le rendement moyen des fonds en euros des contrats d’assurance-vie s’établit à 2,63 % au titre de 2025, nets de frais de gestion et avant prélèvements sociaux. Ce chiffre, issu du régulateur lui-même, met fin aux estimations provisoires de début d’année et devient la référence officielle du marché.

Certes, 2,63 % est stable par rapport à 2024. Mais replacé dans son contexte, ce taux est nettement supérieur au Livret A (1,5 % en vigueur jusqu’au 31 juillet 2026) et à l’inflation anticipée pour 2026 par la Banque de France (environ 1,3 %). Le rendement réel des fonds euros redevient donc positif — une situation qui n’était pas acquise entre 2020 et 2023.

⚠️ Les rendements passés des fonds en euros ne préjugent pas des rendements futurs. Le capital investi sur un fonds en euros est garanti, mais le rendement peut évoluer à la hausse comme à la baisse.

Good Value for Money projette 2,90 % pour 2026

Selon la 17ème édition du Baromètre de l’Épargne Vie Individuelle publiée début juillet 2026 par le cabinet Good Value for Money, les fonds en euros pourraient progresser d’environ 25 points de base pour s’établir en moyenne à 2,90 % au titre de 2026. Cette projection s’appuie sur l’effet mécanique de « relution » : à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance, elles sont remplacées par de nouvelles émissions aux taux plus élevés de la période post-2022, ce qui améliore progressivement le rendement du portefeuille sans prise de risque supplémentaire.

L’écart avec le Livret A se creuse donc à mesure qu’on avance dans l’année.

Une collecte historique : 28,7 milliards nets en cinq mois

Les statistiques publiées le 1er juillet 2026 par France Assureurs sont sans ambiguïté : la collecte nette de l’assurance-vie atteint +28,7 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de 2026, en hausse de +7,3 milliards par rapport à la même période de 2025. Il s’agit de la meilleure performance depuis 2009 pour un mois de mai. L’encours total des contrats d’assurance-vie bat un nouveau record à 2 162 milliards d’euros.

Cette dynamique ne doit rien au hasard : elle traduit la confiance des épargnants dans la stabilité fiscale d’une enveloppe qui, contrairement au PEA, au compte-titres ou au PER, a été explicitement épargnée par la hausse des prélèvements sociaux de la LFSS 2026.


L’avantage fiscal de l’assurance-vie en 2026 : un différentiel qui se creuse

Le Livret A : défiscalisé mais plafonné et sans potentiel de progression

Le Livret A présente deux avantages incontestables : il est totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, et il est disponible à tout moment. Il reste l’instrument idéal pour votre épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses courantes).

Mais son plafond est limité à 22 950 €. Au-delà, la comparaison tourne nettement en faveur de l’assurance-vie.

L’assurance-vie : des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %

C’est l’une des bonnes nouvelles de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : les prélèvements sociaux sur les gains de l’assurance-vie restent à 17,2 %, alors qu’ils passent à 18,6 % pour la plupart des autres placements financiers (dividendes, intérêts de compte-titres, PEA, PER). L’assurance-vie bénéficie donc d’un avantage de 1,4 point par rapport aux enveloppes concurrentes.

Sur la fiscalité des rachats, la règle est simple :

Durée du contratTaux IR applicablePrélèvements sociauxTotal
Moins de 8 ans12,8 % (PFU)17,2 %30,0 %
Après 8 ans, versements < 150 000 €7,5 % (taux réduit)17,2 %24,7 %
Après 8 ans, versements > 150 000 €12,8 % (PFU)17,2 %30,0 %

Après 8 ans, les abattements annuels s’appliquent avant toute imposition : 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple. Ces abattements portent sur la seule fraction de gains incluse dans le rachat, pas sur le capital.

Illustration chiffrée : le calcul après 8 ans

Prenons le cas d’un dirigeant de 52 ans, célibataire, ayant versé 200 000 € sur son contrat il y a dix ans. Son contrat vaut aujourd’hui 240 000 €, soit 40 000 € de gains. Il souhaite effectuer un rachat partiel de 25 000 €.

La fraction de gains dans ce rachat = 40 000 / 240 000 × 25 000 = 4 166 €.

Avec l’abattement annuel de 4 600 €, la totalité de ces gains est exonérée d’impôt sur le revenu (7,5 % ou 12,8 %). Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur les 4 166 € de gains, soit 716 € de PS — pour un rachat de 25 000 €. Le taux d’imposition effectif global est inférieur à 3 % du rachat.

⚠️ Cet exemple est fourni à titre illustratif. La fiscalité applicable dépend de votre situation personnelle. Consultez votre conseiller avant tout arbitrage.


L’enjeu de l’allocation : faut-il basculer vers les fonds euros ?

La part des UC : un signal à surveiller

Sur les cinq premiers mois de 2026, la collecte nette des unités de compte (UC) s’élève à 21,6 milliards d’euros, contre 7,1 milliards pour les fonds euros. Les UC restent le premier moteur de la dynamique, représentant environ 34 % des versements en mai (chiffre en rebond après un trou d’air à moins de 20 % en avril lors des tensions géopolitiques au Moyen-Orient).

Cette dualité est instructive : les épargnants ne choisissent plus entre fonds euros et UC — ils combinent les deux.

Ce que dit l’ACPR sur la performance des UC en 2025

L’ACPR confirme que les unités de compte ont délivré une performance nette moyenne de 4,7 % sur 2025 — nettement au-dessus des fonds euros (2,63 %). Sur dix ans, le Baromètre Good Value for Money recense une performance annuelle moyenne des UC de 2,53 %, contre 1,85 % pour les fonds euros. Les UC actions affichent quant à elles 6,57 % par an en moyenne sur la période. Des chiffres qui rappellent l’intérêt d’une exposition aux marchés sur l’horizon long terme.

⚠️ Les unités de compte comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La règle des trois horizons

La bonne question n’est pas « fonds euros ou UC ? » mais : à quel horizon avez-vous besoin de ces fonds ?

  • Horizon 0-3 ans (précaution ou projet identifié) : Livret A et/ou fonds euros. Vous préservez le capital et restez liquide.
  • Horizon 3-8 ans (projet moyen terme, transmission progressive) : contrat multisupport, allocation prudente à dominante fonds euros avec une poche UC obligations ou immobilier (SCPI en UC).
  • Horizon 8 ans et plus (transmission, optimisation fiscale, retraite complémentaire) : profiter pleinement du régime fiscal post-8 ans, accepter une poche UC plus significative, piloter les rachats annuels dans le cadre de l’abattement.

Notre lecture

Juillet 2026 livre un message clair : l’assurance-vie n’a jamais été aussi bien positionnée par rapport à ses concurrents — Livret A dont le taux reste inférieur aux projections des fonds euros, compte-titres et PEA pénalisés par la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %, PER dont les rachats sont soumis au PFU à 31,4 %.

Pour nos clients, trois mouvements méritent une attention particulière cet été :

  1. Arbitrer les liquidités oisives : tout euro au-dessus du plafond du Livret A (22 950 €) a davantage sa place dans un fonds euros à 2,63–2,90 % que sur un compte courant.
  2. Préparer le palier des 8 ans : si votre contrat approche de l’anniversaire, le calendrier de vos rachats peut être optimisé pour profiter de l’abattement annuel dès maintenant.
  3. Revisiter l’allocation UC : dans un contexte de taux encore soutenus mais en probable détente, la poche obligataire en UC peut offrir un point d’entrée intéressant, à condition d’accepter le risque de perte en capital.

Chaque situation est différente. Nos conseillers peuvent vous aider à modéliser les scénarios adaptés à votre profil, votre horizon et vos projets patrimoniaux.

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Sources : France Assureurs (communiqué du 1er juillet 2026), ACPR Analyses et Synthèses n° 180 (30 juin 2026), Good Value for Money – Baromètre Épargne Vie 2026 (juillet 2026), annonce ministérielle du taux du Livret A (15 juillet 2026). Les données fiscales sont issues de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et de la LF 2026 du 19/02/2026. Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique ; il ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, notamment de perte en capital.

Auteur

Jean Decamps

Associé gérant d'Entasis Conseil, spécialiste de l'immobilier patrimonial — SCPI, Malraux, Monuments Historiques — et de la transmission familiale.

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